
L’écorce de bouleau contient un composé remarquable qui attire l’attention des chercheurs : l’acide bétulinique. Plusieurs études montrent que cet acide possède des propriétés anti-cancer sur différents types de cellules cancéreuses . De plus, l’ecorce de bouleau peut améliorer la sensibilité à l’insuline et réduire l’inflammation . Nous explorerons dans cet article les multiples bienfaits thérapeutiques de l’écorce de bouleau, notamment ses effets sur la santé métabolique, les inflammations…
Qu’est-ce que l’écorce de bouleau
Le bouleau occupe une place particulière dans les forêts de l’hémisphère nord. Cet arbre caduc se développe dans presque toute l’Europe, en Amérique du Nord et en Asie. Sa capacité d’adaptation reste remarquable : il prospère sur les terrains pauvres et siliceux, dans les bois sablonneux, les forêts humides et même les tourbières des zones tempérées. On le retrouve jusqu’à 2 000 mètres d’altitude, y compris dans les régions arctiques.
Origine et caractéristiques du bouleau
Les bouleaux appartiennent à la famille des Bétulacées. Ces arbres atteignent généralement une hauteur de 20 à 30 mètres [1]. Leur croissance rapide les rend facilement identifiables dans les paysages forestiers. L’écorce blanche, lisse et brillante constitue leur signature visuelle la plus distinctive. Cette couleur caractéristique provient de la bétuline, un composé naturel présent dans l’écorce [1].
Avec l’âge, l’apparence de l’écorce évolue. Des fissures sombres apparaissent progressivement sur le tronc, modifiant l’aspect initialement uniforme. L’écorce se détache naturellement en lanières horizontales ou en fines couches, rappelant l’aspect du papier ou du parchemin [2]. Cette propriété explique d’ailleurs l’origine du nom birch en anglais, dérivé du sanscrit bhurga qui signifie « ce sur quoi l’on peut écrire » [1].
L’écorce de bouleau présente des qualités physiques exceptionnelles. Elle se révèle souple, résistante et imperméable [2]. Ces caractéristiques en ont fait un matériau traditionnel prisé en Europe du Nord, en Russie, en Sibérie, au Canada et au nord des États-Unis. Les populations amérindiennes et les peuplades nordiques ont exploité ces propriétés pour fabriquer des canots, des wigwams, des contenants de toutes catégories et même comme revêtement pour les toits [2][1].
La durée de vie du bouleau varie selon le climat. Dans les régions tempérées, ces arbres vivent entre 30 à 40 ans, tandis que dans les pays du nord comme la Russie, la Finlande et la Suède, ils peuvent atteindre 100 ans [1]. Les populations du Néolithique, entre 4000 et 3500 av. JC, mâchaient déjà le goudron d’écorce de bouleau pour soigner leurs affections buccales [3].
Les différentes espèces de bouleau utilisées
Deux espèces principales dominent en Europe pour les applications phytothérapeutiques. Le bouleau blanc (Betula alba ou Betula pubescens) se reconnaît à son écorce blanche portant des bandes grises. On le trouve dans les forêts humides [4]. Le bouleau verruqueux (Betula verrucosa ou Betula pendula) préfère les clairières ensoleillées et présente des taches noires ainsi que des crevasses sur son écorce [4].
Ces deux espèces se ressemblent énormément. La distinction se fait grâce à l’aspect plus duveteux du bouleau pubescent [5]. Les deux arbres sont largement répandus en Europe et s’adaptent aux environnements variés [6].
En Amérique du Nord, le bouleau à papier (Betula papyrifera) représente l’espèce la plus commune [1]. Au Canada, l’écorce de cette espèce porte le nom de mâchecoui [2]. Les Amérindiens avaient découvert que les aliments se conservaient plus longtemps au contact de l’écorce de bouleau que de toute autre substance. Ils tapissaient donc leurs fosses servant de garde-manger avec ce matériau [1].
Récolte et préparation de l’écorce
La récolte de l’écorce s’effectue au printemps et à l’automne, périodes où la sève monte ou descend dans l’arbre [7]. Plus l’arbre vieillit, plus l’écorce s’épaissit. Pour la fabrication de paniers et de canots, cette écorce épaisse se révèle préférable [7].
L’écorce se détache facilement par incision superficielle des troncs et branches principales [2]. Après la récolte, on place l’écorce à plat sous des poids. Ce processus la rend moins courbée et plus malléable pour les utilisations ultérieures [7].
La préparation nécessite plusieurs étapes. On nettoie d’abord l’écorce en grattant la première couche grise avec un couteau [7]. Ensuite, on ajuste l’épaisseur en enlevant d’autres couches selon l’usage prévu. Son imperméabilité remarquable permettait à la couche interne de rester sèche même par mauvais temps, ce qui en faisait un excellent allume-feu [1]. Les Amérindiens avaient même développé une technique pour imperméabiliser leurs contenants en les enduisant d’un mélange de gomme de sapin et de graisse d’ours [1].
L’acide bétulinique : le composé actif principal
Au cœur de l’écorce de bouleau se trouve un trésor biochimique qui fascine les scientifiques. L’acide bétulinique représente le composé actif majeur responsable des multiples vertus thérapeutiques de cet arbre.
Définition et propriétés chimiques
L’acide bétulinique appartient à la famille des triterpènes pentacycliques d’origine naturelle [8]. Sa formule moléculaire C30H48O3 lui confère une masse moléculaire de 456.71 [8]. Ce composé se présente sous forme de cristaux blancs, une caractéristique qui facilite son identification et son extraction [8].
La structure chimique de l’acide bétulinique se distingue de celle de la bétuline, bien que ces deux molécules partagent une origine commune dans l’écorce de bouleau [1]. Au niveau moléculaire, ces différences structurelles conduisent à des propriétés et des actions biologiques distinctes [1]. La bétuline représente en fait le précurseur de l’acide bétulinique. Une métamorphose naturelle s’opère au sein de l’arbre, transformant progressivement la bétuline en acide bétulinique [1]. Cette conversion naturelle ajoute une dimension fascinante aux processus biochimiques de la plante [1].
L’acide bétulinique agit comme un inhibiteur de la topoisomérase I eucaryote [8]. Son mécanisme d’action implique la modulation des voies de signalisation cellulaire [8]. Cette capacité à interférer avec les processus cellulaires explique notamment ses propriétés anti-inflammatoires, antivirales et anticancéreuses [8].
Une comparaison effectuée en 2009 a montré que l’acide bétulinique se révèle plus efficace que la bétuline contre les lignées de cellules cancéreuses du pancréas humain [8]. Par ailleurs, l’acide bétulinique présente une meilleure absorption au niveau intestinal que la bétuline [8]. Cette biodisponibilité supérieure en fait un adjuvant naturel potentiellement plus intéressant dans le cadre de la médecine intégrative [8].
Concentration dans l’écorce de bouleau
La bétuline demeure le triterpénoïde le plus abondant dans l’écorce de bouleau [8]. Les concentrations les plus élevées se situent dans l’écorce externe liégeuse où la bétuline représente 20% du poids sec [8]. L’écorce interne en contient une proportion moindre [8].
Le bouleau à papier (Betula papyrifera) se distingue par sa richesse particulière en acide bétulinique [9]. Cette espèce, appelée bouleau blanc ou bouleau à canot au Québec, constitue une source privilégiée pour l’extraction de ce composé actif [9]. Les zones riches en xylitol, un sucre naturel non cariogène, renferment également un haut pourcentage d’acide bétulinique [1].
Autres composés bénéfiques présents
L’écorce de bouleau ne se limite pas à l’acide bétulinique. Elle contient une palette de composés bioactifs qui contribuent à ses propriétés thérapeutiques :
- Les triterpènes : outre la bétuline et l’acide bétulinique, on trouve le lupéol et l’acide oléanolique [8]
- Les flavonoïdes : ces antioxydants naturels aident à neutraliser les radicaux libres dans le corps [1]
- Les tanins : ces composés polyphénoliques participent aux propriétés astringentes de l’écorce [1]
- Les huiles essentielles : elles contribuent aux propriétés aromatiques et thérapeutiques [1]
La synergie entre ces composants explique l’étendue des propriétés de l’écorce de bouleau [1]. Les flavonoïdes possèdent notamment des propriétés antioxydantes qui favorisent la santé cellulaire [1]. Cette combinaison de molécules bioactives crée un effet synergique qui amplifie les bénéfices thérapeutiques de l’écorce.
Les métabolites secondaires présents dans l’écorce manifestent des propriétés antimicrobiennes [8]. L’acide bétulinique inhibe la croissance de Staphylococcus aureus et Escherichia coli [9][8]. Cette action antibactérienne s’avère particulièrement utile dans le traitement des infections urinaires causées par Escherichia coli [8].
Les propriétés thérapeutiques de l’écorce de bouleau
Les applications thérapeutiques de l’écorce de bouleau reposent sur des propriétés reconnues depuis des siècles dans la médecine traditionnelle. Ces vertus médicinales trouvent aujourd’hui une confirmation scientifique qui explique leur efficacité.
Effets dépuratifs et diurétiques
L’écorce de bouleau stimule l’élimination de l’eau et des toxines accumulées dans l’organisme [1]. Cette action diurétique naturelle augmente la production d’urine et aide à éliminer les déchets organiques [8]. En cas de rétention d’eau, notamment lors de régimes amincissants accompagnés d’œdème, l’écorce favorise l’élimination des liquides excédentaires [1].
Les voies urinaires bénéficient particulièrement de cet effet diurétique. L’écorce de bouleau aide à laver les voies urinaires lors d’infections [1]. Son action sur les reins se révèle bénéfique pour prévenir la formation de calculs rénaux et soulager les cystites [1]. Les tanins présents dans l’écorce exercent un effet anti-inflammatoire sur les voies urinaires [8].
L’action dépurative s’étend au-delà du système urinaire. L’écorce favorise l’activité du foie, des reins et du tractus intestinal [1]. Elle participe au processus de détoxification du corps en facilitant l’élimination des substances indésirables et des impuretés [1]. Cette capacité à purifier l’organisme contribue au fonctionnement optimal des organes d’élimination.
Par ailleurs, l’écorce de bouleau possède des propriétés hypocholestérolémiantes [1]. Elle agit favorablement sur le cholestérol sanguin et renforce les défenses immunitaires de l’organisme [1]. Son action drainante soutient également les processus d’amincissement [1].
Action anti-inflammatoire
L’écorce de bouleau manifeste des propriétés anti-inflammatoires et antalgiques remarquables [1]. Ces effets se révèlent particulièrement utiles pour soulager les douleurs articulaires et l’arthrose [1]. Les douleurs musculaires répondent également à ce traitement naturel, tout comme les rhumatismes déclenchés par l’humidité [1].
Le soutien au bien-être articulaire représente une application traditionnelle majeure de l’écorce [1]. Elle contribue à la mobilité et à la souplesse des articulations [1]. Cette action s’explique notamment par la présence de salicylate de méthyle dans l’écorce, un composé qui procure une sensation de fraîcheur suivie de chaleur lors de l’application locale [10].
L’écorce permet aussi de lutter contre la fièvre et les douleurs [1]. Son effet anti-inflammatoire bénéficie aux personnes souffrant d’inflammation des voies urinaires [8]. Les tanins contenus dans l’écorce contribuent à cet effet anti-inflammatoire [8].
Propriétés cicatrisantes
L’écorce de bouleau accélère la cicatrisation des plaies superficielles. Des essais cliniques de phase III menés sur 280 patients ont démontré l’efficacité d’une pommade à base d’écorce de bouleau pour les brûlures du 2ème degré superficiel et les plaies du site donneur d’un greffon de peau semi-épaisse [8]. Cette pommade favorise la migration des kératinocytes, accélérant ainsi le processus de guérison [8].
Au niveau cutané, l’écorce se révèle antioxydante et cicatrisante [1]. Elle traite efficacement plusieurs affections dermatologiques : eczéma, psoriasis et petites plaies [1]. Son action astringente tonifie, resserre et assèche les tissus, facilitant leur cicatrisation [1].
L’écorce apaise la peau en cas de psoriasis et de névrodermite [8]. Elle s’avère également efficace en soin complémentaire des plaies refermées dues à des brûlures [8]. En association avec le bisabolol et la vitamine E, elle rend la peau douce et souple tout en l’empêchant de se dessécher [8].
L’action vulnéraire de l’écorce en usage externe complète ses propriétés diurétiques et dépuratives [1]. Des crèmes et onguents à base d’écorce de bouleau sont disponibles pour le soulagement des éruptions cutanées, plaies et autres irritations [10]. Une cicatrisation rapide réduit le risque d’infection et d’autres complications, tout en améliorant les résultats fonctionnels et esthétiques [8].
Bienfaits de l’acide bétulinique sur la santé
Les recherches scientifiques révèlent que l’acide bétulinique agit sur plusieurs systèmes biologiques. Ses effets métaboliques, antioxydants et immunologiques en font un composé aux applications thérapeutiques variées.
Amélioration de la sensibilité à l’insuline
L’acide bétulinique présent dans l’écorce de bouleau influence favorablement le métabolisme du glucose. Des études montrent que ce composé améliore la sensibilité à l’insuline, fait baisser la glycémie, l’inflammation et le stress oxydatif provoqué par une glycémie trop élevée [11]. Cette action se révèle particulièrement intéressante face à l’épidémie mondiale de diabète de type 2 [11].
Les polysaccharides associés à l’acide bétulinique aident à réguler la glycémie de manière remarquable. Certaines études montrent une réduction du taux de sucre dans le sang jusqu’à 31% pour la glycémie à jeun [12]. Cette baisse significative s’accompagne d’une amélioration de la résistance à l’insuline [12]. Les cellules du pancréas bénéficient également de cette protection grâce à l’action antioxydante du composé [8].
Le mécanisme d’action implique une meilleure utilisation du glucose par les cellules. L’acide bétulinique facilite l’absorption du sucre sanguin et optimise la réponse insulinique de l’organisme. Cette régulation métabolique contribue à prévenir les complications associées au diabète de type 2.
Réduction du stress oxydatif
L’acide bétulinique possède des propriétés antioxydantes puissantes qui protègent les cellules contre les dommages oxydatifs. Ce composé neutralise les radicaux libres responsables du vieillissement prématuré des tissus et des lésions cellulaires [13]. Son indice antioxydant élevé aide à préserver l’intégrité de l’ADN et des membranes cellulaires [8].
La protection contre le stress oxydatif s’étend aux différents organes. L’acide bétulinique ralentit le vieillissement cellulaire et maintient les fonctions physiologiques optimales [13]. Cette action antioxydante se montre aussi puissante que certains antioxydants de référence utilisés en médecine [8].
En effet, la capacité de l’acide bétulinique à réduire le stress oxydatif explique plusieurs de ses bienfaits thérapeutiques. La diminution des dommages oxydatifs favorise une meilleure santé générale et prévient l’apparition de maladies chroniques liées à l’inflammation. Les polyphénols présents avec l’acide bétulinique renforcent cette protection antioxydante [8].
Soutien du système immunitaire
L’acide bétulinique active plusieurs mécanismes de défense immunitaire. Ce composé stimule la production et l’activité des cellules immunitaires, renforçant la capacité du corps à combattre les infections [14]. Les macrophages, les lymphocytes et les cellules Natural Killer voient leur fonction optimisée [15].
Les bêta-glucanes associés à l’acide bétulinique exercent une action immunomodulatrice bidirectionnelle. Ils stimulent une réponse immunitaire insuffisante tout en calmant une réaction excessive face aux allergènes [8]. Cette régulation fine améliore les défenses contre les agents pathogènes sans provoquer d’hyperactivité inflammatoire [12].
L’acide bétulinique influence également la production de cytokines, ces messagers chimiques qui coordonnent la communication entre cellules immunitaires. La modulation de l’équilibre entre cytokines pro-inflammatoires (IL-6, TNF-α) et anti-inflammatoires (IL-10) contribue à une réponse immunitaire appropriée [12]. Cette propriété adaptogène aide le corps à s’adapter aux différents stress physiques [8].
Par ailleurs, l’acide bétulinique soutient le système immunitaire grâce à ses propriétés antivirales et antitumorales [16]. Sa capacité à agir en synergie avec d’autres composants naturels comme les vitamines et les minéraux renforce ses effets bénéfiques [13]. L’acide bétulinique ne supprime pas le système immunitaire mais l’éduque pour favoriser une réponse adéquate face aux menaces.
L’écorce de bouleau pour les problèmes de peau
Les affections cutanées trouvent dans l’écorce de bouleau un remède naturel aux multiples applications. Les actifs contenus dans cette écorce apaisent les inflammations cutanées et renforcent la barrière protectrice naturelle de la peau [1]. L’allantoïne présente dans l’écorce permet de réparer une peau abîmée [10].
Traitement des dermatoses
Les préparations à base d’écorce de bouleau s’appliquent sur des dermatoses en tout genre : dartres, couperose et croûtes de lait [10]. Les maladies de peau, les boutons, dartres et couperoses résistent rarement à ce traitement [17]. En effet, l’action dépurative de l’écorce se révèle particulièrement efficace pour les problèmes de peau, un peu plus que celle de la feuille [10].
Les dermatoses sèches de type eczéma sec ou psoriasis répondent favorablement aux applications d’écorce de bouleau [17]. En cas de peau sèche, squameuse et sujette aux démangeaisons, conséquence fréquente du froid et de l’air sec du chauffage, une lotion à l’écorce de bouleau apporte un réel soulagement [1]. Les triterpènes, dont la bétuline, favorisent la cicatrisation des plaies en modulant la réponse inflammatoire et en accélérant la régénération des cellules cutanées [13]. Ces effets s’avèrent particulièrement utiles dans le cadre du traitement des lésions cutanées telles que la kératose actinique [13].
Par voie externe, les feuilles fraîches servaient en application contre la goutte, le rhumatisme, les maladies de la peau et l’hydropisie [11]. Dans les cas graves, on enveloppait entièrement le patient de feuilles de bouleau, méthode qui réussissait là où bien d’autres échouaient [11].
Action sur les plaies et cicatrices
Une pommade à base d’écorce de bouleau a permis d’accélérer la cicatrisation de plaies superficielles, selon les résultats de trois essais cliniques de phase III menés sur un total de 280 patients [13]. Dans chacune de ces trois études européennes, le critère principal d’évaluation a été atteint, pour des brûlures du 2ème degré superficiel et des plaies du site donneur d’un greffon de peau semi-épaisse [13].
Selon le registre américain des essais cliniques, la pommade Oleogel-S10 contient uniquement un extrait sec d’écorce de bouleau comme principe actif et de l’huile de tournesol [13]. Des études précliniques et cliniques montrent que cet extrait sec d’écorce de bouleau favorise la migration des kératinocytes notamment [13].
Un rebouteux rapporte avoir obtenu de bons résultats chez des personnes ayant subi une greffe cutanée dont la cicatrisation était difficile ou irrégulière [1]. L’écorce, les feuilles, les bourgeons et les fleurs ont servi comme antiseptique externe et détersif pour soigner les plaies et les irritations cutanées [11]. Les minces feuillets composant l’écorce étaient séparés pour servir de pansements antiseptiques [11]. On a fait avec l’écorce réduite en poudre un onguent contre les blessures mineures [11].
Le gel FILSUVEZ à base d’extrait sec raffiné d’écorce de bouleau a une place uniquement dans la prise en charge des plaies peu profondes associées à l’épidermolyse bulleuse dystrophique récessive chez les patients dès l’âge de 6 mois [13].
Application externe et préparations
En médecine populaire, on appliquait de l’écorce de bouleau fraîche, côté vert contre la peau, sur les zones concernées, y compris en cas de plaies ouvertes ou de brûlures [1]. Autrefois, les branches de bouleau destinées à cet usage étaient récoltées lors de la pleine lune de février [1].
Pour la préparation d’une lotion, couper un morceau de branche de la longueur d’un index en petits fragments et les placer dans une casserole avec 3 litres d’eau [1]. Porter à ébullition, puis laisser reposer 30 minutes à feu moyen [1]. Filtrer à l’aide d’une passoire fine et laisser refroidir [1]. Imbiber ensuite un linge en coton de cette eau de bouleau et l’appliquer sur la zone concernée, ou laver directement la peau avec la préparation [1]. Il est également possible d’ajouter 1 litre de cette eau à un bain complet [1].
On peut utiliser une infusion des feuilles appliquée en compresses, ou une décoction de l’écorce [10]. La décoction d’écorce soigne les plaies et les dermatoses en usage externe [17].
Effets sur les articulations et les inflammations
Douleurs articulaires, rhumatismes et inflammations chroniques affectent une proportion importante de la population. L’écorce de bouleau intervient sur ces troubles grâce à des mécanismes d’action spécifiques qui ciblent les causes profondes de l’inflammation articulaire.
Élimination de l’acide urique
L’action uricosurique de l’écorce de bouleau favorise l’élimination de l’acide urique par les reins [8]. Ce processus dépuratif articulaire se révèle particulièrement bénéfique en cas de dépôts d’acide urique dans les articulations, notamment lors de la goutte [12]. Le bouleau diminue la formation d’acide urique grâce à son action inhibitrice sur la xanthine oxydase, une enzyme directement impliquée dans la production de cette substance [18].
L’acide urique représente une substance inflammatoire pour les articulations si elle n’est pas bien évacuée [13]. L’hyperuricémie, caractérisée par un taux élevé d’acide urique dans le sang, provoque généralement des crises marquées par une douleur intense, une rougeur et un gonflement des articulations [16]. En favorisant l’excrétion de l’acide urique par les reins, le bouleau contribue à réduire les niveaux d’acide urique dans le sang [16].
Les tanins présents dans l’écorce exercent un effet anti-inflammatoire qui aide à réduire l’inflammation et la douleur associées aux crises de goutte [16]. Cette action combinée, à la fois diurétique et anti-inflammatoire, permet de prévenir efficacement ces crises douloureuses. Par ailleurs, la consommation régulière de préparations à base d’écorce contribue à la prévention des lithiases uriques en éliminant les déchets organiques qui participent à la formation de calculs rénaux [16].
Soulagement de l’arthrose
L’écorce de bouleau possède des propriétés anti-inflammatoires et antalgiques qui soulagent les douleurs des articulations, l’arthrose, les douleurs musculaires et les rhumatismes déclenchés par l’humidité [8]. Les extraits de feuilles et d’écorce, grâce à leurs actions anti-inflammatoires, antidouleurs, dépuratives articulaires et reminéralisantes, se trouvent dans des compléments alimentaires destinés à lutter contre les douleurs musculaires et articulaires [12].
L’Agence européenne du médicament considère comme traditionnellement établi l’usage du bouleau pour augmenter le volume des urines émises afin d’effectuer un lavage des voies urinaires, comme moyen adjuvant de traitement des douleurs modérées [19]. Grâce à sa richesse en sels minéraux, oligo-éléments et vitamines, l’écorce peut être également utilisée par les personnes souffrant de douleurs aux articulations ou aux muscles [20].
Des études in vitro ont montré que les extraits de feuilles peuvent inhiber la prolifération des lymphocytes inflammatoires, offrant ainsi une base scientifique à son usage contre les douleurs articulaires chroniques [21]. Cette action hypo-uricémiante, qui diminue l’acide urique, en fait un traitement adjuvant de choix [21]. Le bouleau contribue à une activité articulaire saine, soutient le bien-être articulaire et participe à la mobilité et à la souplesse articulaire [22].
Utilisation dans les cas de polyarthrite
Les feuilles d’écorce de bouleau sont employées sous forme d’infusion pour lutter contre les inflammations articulaires. Elles permettent de soulager rhumatismes, arthrite, arthrose, goutte, jusqu’à la polyarthrite rhumatoïde [22]. On trouve le bouleau dans les mélanges pour soulager les inflammations articulaires, qui peuvent varier de la simple arthrose avec des crises passagères, jusqu’aux conditions de type polyarthrite rhumatoïde, souvent en combinaison avec d’autres plantes adaptées [13].
L’acide bétulinique facilite la réduction de douleurs articulaires, d’affections dermatologiques et de troubles liés à l’inflammation chronique [14]. Son action anti-inflammatoire produit un soulagement des douleurs articulaires et une réduction de l’œdème [14]. Grâce à son pouvoir anti-inflammatoire et drainant, le bouleau aide aussi les personnes atteintes de la goutte [20].
En effet, le bourgeon macéré dans un mélange eau, alcool et glycérine fournit une préparation riche en oligo-éléments, en minéraux, en vitamines et en huile essentielle. Il est indiqué comme dépuratif dans les raideurs articulaires et comme reminéralisant [18].
L’acide bétulinique et les troubles métaboliques
Les travaux sur les propriétés de cellules touchées avec l’acide bétulinique ont marqué un tournant dans la recherche phytothérapeutique. Ce composé extrait de l’écorce de bouleau présente des caractéristiques uniques qui méritent une attention particulière.
Études scientifiques disponibles
En 1995, une équipe de chercheurs américains a publié dans Nature Medicine une étude interessante[15]. Des tests in vivo sur des souris porteuses de cellules touchées ont démontré la capacité de ce composé à prévenir leur apparition . [15].
Le National Cancer Institute aux États-Unis a identifié l’acide bétulinique parmi 2 500 extraits de plantes comme hautement actif dans l’inhibition de cellules touchées [17]. [15]. [23].
Mécanismes d’action
L’acide bétulinique induit l’apoptose, un processus de mort cellulaire programmée, dans les cellules touchées [15]. Des études in vitro montreraient que ce composé se lie aux cellules touchées et les tue, empêchant ainsi leur prolifération [17]. Le mécanisme repose sur la perte du potentiel mitochondrial, provoquant le largage de facteurs apoptogéniques solubles tels que le cytochrome c, pouvant activer les caspases et endonucléases indépendamment du statut du gène p53 [15].
Une hypothèse stipule que l’activité des cellules touchées pourrait être attribuable au pH acide retrouvé dans le milieu de culture [15]. Cette caractéristique pourrait être mise à profit pour contribuer au bon fonctionnement du corps pour agir sur certaines cellules touchées solides, étant donné que le pH à l’intérieur des tissus tumoraux reste généralement plus acide que celui des tissus normaux [15].
Comment utiliser l’écorce de bouleau
Préparer l’écorce de bouleau nécessite de respecter des dosages précis pour bénéficier de ses vertus thérapeutiques.
Décoction d’écorce : dosage et préparation
Pour réaliser une décoction d’écorce de bouleau, porter à ébullition une cuillerée à soupe d’écorce par tasse ou une poignée par litre d’eau [24]. Laisser bouillir pendant 3 minutes [24], puis filtrer avant de consommer. Certaines sources recommandent une cuisson de 5 minutes avec une cuillerée à café par tasse [13], tandis que d’autres préconisent 10 minutes d’ébullition pour une cuillerée à thé d’écorce réduite en poudre par tasse [11].
Pour préparer l’écorce en poudre, mélanger une cuillerée dans 200 ml d’eau bouillante et laisser infuser 5 minutes [25]. Cette préparation se consomme généralement une tasse avant chaque repas [25][13].
Usage interne versus usage externe
L’usage interne consiste à boire la décoction à volonté tout au long de la journée [24]. En revanche, les applications externes requièrent une concentration plus élevée. On fait bouillir 40 g à 50 g d’écorce dans un litre d’eau [11][13] pour traiter les problèmes cutanés ou articulaires par compresses ou bains.
Précautions et contre-indications
L’écorce de bouleau présente des contre-indications spécifiques. Les femmes enceintes et allaitantes doivent éviter son utilisation [13]. De même, les enfants de moins de 12 ans ne devraient pas consommer de préparations à base d’écorce [10]. Les personnes sous traitement lourd, notamment les médicaments pour le diabète, les anticoagulants et les immunosuppresseurs, doivent consulter un médecin avant de débuter une cure [10].
Les personnes souffrant d’insuffisance rénale ou de troubles de l’équilibre hydrique nécessitent un avis médical en raison de l’aspect très diurétique de l’écorce [13][10]. Les allergies au bouleau constituent également une contre-indication formelle [10].
Durée des cures recommandées
La durée standard d’une cure d’écorce de bouleau s’établit à 3 semaines [24]. Cette période permet au corps de bénéficier pleinement des propriétés dépuratives et diurétiques sans surcharger les reins.
Conclusion
L’écorce de bouleau représente un allié thérapeutique remarquable grâce à son composé phare, l’acide bétulinique. Ses propriétés dépuratives, anti-inflammatoires et cicatrisantes en font un remède naturel polyvalent pour de nombreuses affections. De fait, elle améliore la sensibilité à l’insuline, soulage les douleurs articulaires et favorise la guérison cutanée.
Avant de débuter une cure, nous vous recommandons de respecter les dosages appropriés et de consulter un professionnel de santé, notamment si vous suivez un traitement médical. Les cures de 3 semaines offrent généralement des résultats satisfaisants. L’écorce de bouleau mérite sa place dans votre arsenal de santé naturelle.
FAQs
Q1. Quelles sont les principales vertus thérapeutiques de l’écorce de bouleau ? L’écorce de bouleau possède des propriétés dépuratives et diurétiques qui favorisent l’élimination des toxines et de l’eau. Elle agit également comme anti-inflammatoire pour soulager les douleurs articulaires et les rhumatismes. Ses effets cicatrisants contribuent à aider à soulager les problèmes de peau comme l’eczéma et le psoriasis. Elle contribue aussi à réguler le cholestérol et à renforcer le système immunitaire.
Q2. Comment l’acide bétulinique pourrait agir contre certaines cellules touchées ? L’acide bétulinique induit l’apoptose, un processus de mort cellulaire programmée, spécifiquement dans les cellules touchées sans affecter les cellules saines. Il agit en perturbant le potentiel mitochondrial des cellules tumorales, ce qui déclenche leur destruction.
Q3. Comment préparer et utiliser l’écorce de bouleau en décoction ? Pour préparer une décoction, faites bouillir une cuillerée à soupe d’écorce par tasse d’eau pendant 3 à 5 minutes, puis filtrez. Vous pouvez consommer une tasse avant chaque repas. Pour un usage externe sur la peau ou les articulations, utilisez une concentration plus forte avec 40 à 50 g d’écorce par litre d’eau. La durée recommandée d’une cure est de 3 semaines.
Q4. L’écorce de bouleau peut-elle aider en cas de diabète ? Oui, l’acide bétulinique contenu dans l’écorce de bouleau améliore la sensibilité à l’insuline et aide à réguler la glycémie. Des études montrent qu’il peut réduire le taux de sucre dans le sang jusqu’à 31% pour la glycémie à jeun. Il diminue également l’inflammation et le stress oxydatif associés à une glycémie élevée, tout en protégeant les cellules du pancréas.
Q5. Quelles sont les précautions à prendre avant d’utiliser l’écorce de bouleau ? L’écorce de bouleau est contre-indiquée pour les femmes enceintes, allaitantes et les enfants de moins de 12 ans. Les personnes souffrant d’insuffisance rénale, de troubles de l’équilibre hydrique ou d’allergies au bouleau doivent l’éviter. Si vous prenez des médicaments pour le diabète, des anticoagulants ou des immunosuppresseurs, consultez un professionnel de santé avant de débuter une cure. Voir toutes les précautions ici
Références
[1] – https://www.epochtimes.fr/comment-lecorce-de-bouleau-combat-la-fatigue-et-prend-soin-de-la-peau-et-des-cheveux-3164914.html
[2] – https://fr.wikipedia.org/wiki/Écorce_de_bouleau
[3] – https://www.flore-alpes.com/magazine/post/16-xylitol-de-bouleau-histoire-composition-et-extraction
[4] – https://www.pharma-gdd.com/fr/les-bienfaits-du-bouleau?srsltid=AfmBOorJy1IAt4n-N4kqpNNqL_UhmAvMi9aNMVGG0CK2v8sMZenHcNHF
[5] – https://www.etatssauvages.org/post/bouleau-arbre-multiples-vertus
[6] – https://www.naturactive.fr/plantes-actifs/bouleau?srsltid=AfmBOooGmb3TXblL5UegULZ3d-qzP9yb8P3uMVvd6fLqAOjRKVbX6Z8h
[7] – http://veritablesexperts.com/Contenu/ressvegetalesmenupanbouleauco.html
[8] – https://www.pharma-gdd.com/fr/les-bienfaits-du-bouleau?srsltid=AfmBOoq3KuTpqxrkfe1JEhQp0-fMH_qMFtNT-3KGR3Bzel42EE6rippy
[9] – https://www.wikiphyto.org/wiki/Acide_bétulinique
[10] – https://www.santarome.fr/blogs/conseils-sante/les-precautions-demploi-de-la-seve-de-bouleau?srsltid=AfmBOopaYg_HTES67BrmroPlghr_qmuAMX_sXXoep2JJhdvniKJ9LpzV
[11] – https://www.passeportsante.net/fr/Solutions/HerbierMedicinal/Plante.aspx?doc=bouleau_hm
[12] – https://www.pharma-gdd.com/fr/les-bienfaits-du-bouleau?srsltid=AfmBOoqy1aoDlaXNRdIV4LlXHlRHJ3XCXcAIissY5fvUTLYYgpn3jYJr
[13] – https://www.altheaprovence.com/le-bouleau-betula-pendula-feuille-ecorce-seve/
[14] – https://oliviagarriou.fr/acide-betulinique-un-compose-naturel-aux-multiples-bienfaits-pour-la-sante/
[15] – http://www.mcours.net/cours/pdf/hajr1/hajr1clic687.pdf
[16] – https://www.herboristerieduvalmont.com/mes-remedes-naturels/4256-infusion-et-tisane-bouleau-utilisations
[17] – https://maviesaineetmoi.com/la-seve-de-bouleau-fraiche-une-boisson-ancestrale-aux-multiples-vertus/
[18] – https://www.pharmacie-rullier.fr/dossier/le-bouleau-arbre-a-tout-faire/
[19] – https://www.vidal.fr/parapharmacie/phytotherapie-plantes/bouleau-betula-alba.html
[20] – https://www.seve-de-bouleau.com/la-seve-de-bouleau
[21] – https://www.pharmacie-homeopathie.com/blog/bouleau-et-pharmacopee/
[22] – https://ileauxepices.com/thes-et-infusions/479-feuilles-bouleau.html
[23] – https://www.plantes-et-sante.fr/articles/plantes-medicinales/2116-bouleau-et-cancer-de-nouvelles-decouvertes
[24] – https://www.herboristerieduvalmont.com/plantes-medicinales-en-vrac/1177-bouleau-ecorce-coupee-5425021002133.html
[25] – https://soindetoi.re/blogs/actus/les-bienfaits-du-bouleau?srsltid=AfmBOopEOB0Ka6kIRTyTqenKjE-e-YjfdwDZdR19fe3gWBOYo_fcqkgz
